L’histoire de San Francisco, au 18e et 19e siècle >>
La période précolombienne
Les plus anciennes traces d’occupation humaine sur le territoire de la ville actuelle remontent Ă environ 3 000 ans avant J.-C. Les premiers habitants connus de la rĂ©gion de la baie de San Francisco sont les AmĂ©rindiens Ohlone (terme indien signifiant « le peuple de l’ouest »).
La dĂ©couverteEn 1530, Hernán CortĂ©s atteint Mexico et les cĂ´tes de l’ocĂ©an Pacifique. Le conquistador pense que les cĂ´tes qui lui font face sont celles de l’Ă®le de California qu’il recherche. Des expĂ©ditions successives dĂ©montrent qu’il s’agit en fait d’une pĂ©ninsule, la Baja California (Basse Californie), qui rejoint au nord la Alta Californie (Haute Californie, qui est notre Californie actuelle). La cĂ´te est inhospitalière et les terres sont sauvages. La Californie est habitĂ©e par de nombreuses petites communautĂ©s indiennes aux dialectes variĂ©s, vivant de la cueillette, de la chasse et de la pĂŞche. Le navigateur anglais Francis Drake longe la cĂ´te californienne en 1579, mais il n’entre pas dans la baie de San Francisco. Les Espagnols sont les premiers EuropĂ©ens Ă explorer et Ă coloniser la rĂ©gion, en faisant un Ă©tablissement renforçant leur domination sur l’ocĂ©an Pacifique, le « lac espagnol », avec leurs possessions philippines et amĂ©ricaines notamment. San Francisco reprĂ©sentait ainsi l’extrĂ©mitĂ© septentrionale d’un chapelet plus ou moins continu d’implantations militaires et religieuses destinĂ©es Ă assurer physiquement la souverainetĂ© espagnole sur ce vaste territoire. L’expĂ©dition de don Gaspar de PortolĂ arriva le 2 novembre 1769, dans la baie de San Francisco . |
![]() Herman Cortes |
La Californie espagnole
L’histoire de la Californie commence avec l’Ă©dification de missions par les moines franciscains espagnols le long de la cĂ´te Pacifique. Il faudra presque deux siècles pour que l’implantation coloniale espagnole se mette en place le long des cĂ´tes californiennes. De 1591 Ă 1768, les jĂ©suites servent de fer de lance Ă l’avancĂ©e espagnole, avant d’ĂŞtre remplacĂ©s par les franciscains Ă la suite de leur Ă©viction exigĂ©e par le Pape. C’est de l’Ă©poque des jĂ©suites et des franciscains que date le Camino Real, le chemin royal qui relie les 21 missions de Californie.
L’Ă©tablissement des espagnols s’organisent selon un principe en 3 volets : un presidio (fort militaire) est installĂ©, une garnison est mise en place et une mission franciscaine est Ă©difiĂ©e. L’administratif, le militaire et le religieux marchent ainsi de concert. La première mission, celle de San Diego de Alcalá, est fondĂ©e en 1769 par le père franciscain Junipero Serra. Entre 1769 et 1823, ce sont 21 missions qui seront ainsi bâties par les franciscains sur les terres peuplĂ©es d’indiens. Ceux-ci sont mis au travail sur les missions mais pĂ©riclitent rapidement, touchĂ©s fatalement par les germes nouveaux apportĂ©s par les colons.
Les missions
Selon les rĂ©cits les plus flatteurs consacrĂ©s Ă l’Ĺ“uvre des moines colonisateurs dont le père Junipero Serra et son successeur le père Fermin Lasuen, sont les figures historiques, l’Ordre franciscain aurait rĂ©ussi Ă domestiquer la nature et les Indiens en leur apportant Ă l’une comme aux autres les bienfaits de la civilisation occidentale : irrigation, plantes, mĂ©tallurgie, architecture, artisanat, ordre social et religion.
En rĂ©alitĂ©, l’histoire est plus complexe. Quand en 1769, le père Serra fonde son premier campement dans la baie de San Diego, il arrive certes sur une modeste mule, mais il porte deux objectifs ambitieux : l’un d’ordre religieux, l’autre politique.
Cette expĂ©dition, prĂ©vue de longue date et financĂ©e par les deniers de l’Église, est conçu comme un outil de colonisation : l’Espagne veut s’installer aux confins du Nouveau Monde. Pion central sur l’Ă©chiquier des terres nouvelles, les missions doivent rĂ©unir les Indiens dans leur zone d’influence et sont flanquĂ©es d’un presidio. Il revient Ă la mission de christianiser les Indiens de la rĂ©gion pour qu’ils deviennent des sujets rĂ©guliers du roi d’Espagne. La mission se double alors d’un pueblo, un village indien, qui assurent les productions matĂ©rielles et agricoles nĂ©cessaires Ă l’Ă©tablissement espagnol.
L’objectif est, mission après mission, de peupler la Californie. Ce plan ambitieux sera impeccablement rĂ©alisĂ©, mais pas toujours avec humanitĂ©. Les Indiens ne se montrent pas toujours dociles : aux campagnes de conversion sera donc ajoutĂ© un sĂ©vère programme de contrĂ´le des nĂ©ophytes dissidents, comme on nomme alors les rĂ©calcitrants. Les pĂ©chĂ©s (du moins ce que les pères considèrent comme tels) sont punis par le fer et le pillori, et la piĂ©tĂ© dĂ©faillante est punie par des châtiments corporels variĂ©s. Ainsi, un Indien baptisĂ© qui tente de retourner dans sa tribu est capturĂ© et flagellĂ©.
La fondation de San FranciscoL’Ă©tablissement d’une nouvelle population espagnole de colons devient effectif lors de l’expĂ©dition de Juan Bautista de Anza qui aboutit Ă la fondation de San Francisco. Il y fonde le presidio en 1776, fort militaire que l’on peut admirer encore aujourd’hui. La mission San Francisco de Asis, plus connue sous le nom de Mission Dolores voit le jour un mois plus tard en octobre 1776. En 1773, la couronne d’Espagne ayant autorisĂ© l’acquisition de terres par les particuliers espagnols vivant dĂ©jĂ dans les missions ou les presidios, les soldats sont les premiers Ă utiliser cette offre. Ils crĂ©ent les premiers ranchos de San Francisco, en acquĂ©rant le bĂ©tail importĂ©. La sociĂ©tĂ© san franciscaine s’organise sur ces bases et reste essentiellement agricole et peu prospère jusqu’Ă la dĂ©couverte de l’or. |
La Californie Mexicaine
En 1821, le Mexique dĂ©clare son indĂ©pendance et la Californie devient mexicaine avec pour capitale Monterey. Ce changement politique ne s’accompagne pas de rĂ©els changements sociaux et les Californiens conservent leur mode de vie autour des ranchos qui se dĂ©veloppent.
En 1835, un Anglais du nom de William Richardson s’installe dans l’actuel Downtown de San Francisco et commence la planification des rues d’une petite colonie qu’il nomme Yerba Buena. Autour de Portsmouth Square, des habitations voient le jour et suscitent la convoitise des pionners amĂ©ricains. En 1841, Richardson obtient les terres au nord de San Francisco et Ă©tablit un rancho Ă Sausalito, aujourd’hui jolie ville de plaisance.
Les AmĂ©ricains, allĂ©chĂ©s par les rumeurs de terres disponibles, commencent Ă affluer dans la rĂ©gion : c’est la fameuse conquĂŞte de l’Ouest. Les convois amĂ©ricains arrivent en Californie soit par Santa Fe, soit en suivant la route des trappeurs et en avançant par le nord Ă travers l’Oregon. Le gouvernement mexicain les tolère mais refuse de leur accorder le droit de propriĂ©tĂ©.
Dans la province de Sonoma oĂą ils sont assez nombreux, les AmĂ©ricains se regroupent et forment le groupe des Bears (les ours). En mai 1846, la guerre est dĂ©clarĂ©e entre le Mexique et les États-Unis. Le 15 juin 1846, les Bears se mutinent contre le gouvernement du gĂ©nĂ©ral Vallejo : c’est la Bear Flag Revolt. Les Mexicains sont chassĂ©s et la RĂ©publique de Californie est proclamĂ©e. Le drapeau frappĂ© de l’ours et de la mention « California Republic » est hissĂ© sur la place de Sonoma. L’armĂ©e amĂ©ricaine entre dans Sonoma quelques jours après. Le 7 juillet 1846, la bataille de Monterey est remportĂ©e par l’armĂ©e amĂ©ricaine : c’est la fin du règne mexicain en Californie, incorporĂ©e aux États-Unis en septembre 1850.



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